Blue-Addiction : L’or pour les 1ers championnats de France FFESSM de profondeur

Nicolas Girardin au départ

Depuis le temps que l’on attendait la concrétisation d’un tel intérêt de la part de la “fédé”, et bien c’est fait ! Dans les eaux des calanques marseillaises refroidies par 4 jours de mistral, l’organisation était prudente, réfléchie, et les athlètes curieux de participer ensemble a cette aventure. Une belle journée, récompensée par un grand nombre de cartons blancs et un bilan positif pour la commission apnée, qui on l’espère, remettra ça l’année prochaine !

Pour ces premiers championnats, la 2F a voulu tracer une ligne bien claire : pas de chasse a la profondeur à tout prix, et un accent très fort sur la sécurité. Quelques points d’amélioration probablement mais aussi de très bonnes idées !

On a aimé :

  • Les longes de sécurité : toutes du même fabricant, fournies et imposées par l’organisation après un processus de sélection et des tests de résistance. Plus de longes bricolées, de tests improvisés par les juges avant l’épreuve qui au mieux ne testent rien, ou au pire fragilisent la longe sans la casser.
  • Les 5 points bonus accordés au plongeur pour un beau protocole : une sortie maitrisée, détendue, souriante et c’est 5 points de gagnés. Une samba même contenue et au revoir le bonus ! Une façon d’encourager des annonces conservatrices, et la course au plaisir plutôt qu’aux chiffres. Un bon point aussi pour la médiatisation du sport : la sortie doit être belle. Un athlète gris et tremblant ne servant évidemment pas l’image du sport…
  • Le coach qui est là pour aider à la préparation avant la plongée mais qui ne peut pas parler lors du protocole de sortie : fini les hurlements pour télécommander un plongeur en pleine samba. La sortie doit être propre, contrôlée, autonome. C’est simple et c’est beau a voir.

On a moins aimé :

  • Le masque rempli d’air imposé à tous : règle probablement mise en place comme un atout sécurité – l’athlète voit sous l’eau, sa ligne, sa longe… – Mais c’est surtout un volume d’air de plus à compenser… La vision n’est pas primordiale en apnée compétitive, l’aventure étant principalement intérieure et les yeux fermés pendant la descente, la vision sans masque est suffisante. Par contre compenser un masque à grande profondeur crée une complexité technique source d’erreurs, et demande d’expirer plus d’air, donc potentiellement plus de risques de baro-traumatisme des poumons…
  • La profondeur maximale à 80 mètres : avec le masque imposé, finalement, cela n’aura pas vraiment été limitant. Mais espérons que forts de cette expérience rassurante, les prochaines éditions évoluent et autorisent le pince-nez, sans limitation de profondeur !

Au final, l’impression est excellente, la FFESSM nous a bluffé en organisant des championnats très pros pour une première ! L’ouverture d’esprit des organisateurs et les moyens mis en œuvre laissent présager un futur intéressant pour les compétitions fédé de profondeur et B-A ira avec plaisir tremper y ses palmes lors de la prochaine édition en 2014.

Les podiums :

Rémy Dubern – OR – 80 mètres
Nicolas Girardin – ARGENT – 72 mètres
Jean Paul Lauden – BRONZE – 70 mètres

Sophie Jacquin – OR – 48 mètres
Coraline Pennarguear – OR – 48 mètres
Béatrice Bozon – BRONZE – 46 mètres

Crédits photos : Fred Di Meglio, Eric Flogny et JP Lauden